TIMILIN et l’équipe LABO souhaitent la bienvenue à Walter

TIMILIN et l’équipe LABO souhaitent la bienvenue à Walter

Walter UNTERRAINER ? Si vous connaissez, alors inutile de vous le présenter, vous viendrez à coup sûr échanger avec lui pour ne pas râter cette rare occasion, surtout en Centre-Bretagne où il n’est encore jamais venu.

Vous ne connaissez pas encore cet architecte investi dans de nombreux projets à l’international ? Alors venez lui demander ce qui l’amène à parcourir le monde pour partager un autre regard, sur la ville, l’espace, nos habitats. Vous ne serez pas déçu du voyage.

Walter s’intéresse en tant que professionnel, mais aussi en tant que citoyen militant à ce qui forme, transforme, informe sur ce que l’on appelle communément aujourd’hui « cadre de vie », « qualité de vie ». Deux expressions qui semblent sortir tout droit du monde de l’entreprise, alors que ce dont il est question avant tout quand on parle de ces sujets décisifs pour l’avenir de nos sociétés, pour la sauvegarde des équilibres à l’échelle de la planète, dépasse de loin la seule question de l’expertise technique pour toucher, au plus près du quotidien, nos vies d’êtres humains : nos relations à l’autre, à l’environnement, à notre identité, quand le quotidien n’est pas d’abord d’assurer sa simple survie et celle de ses proches.

Pour en savoir plus sur Walter UNTERRAINER, lire ce reportage de Sylvie Geandreau, paru il y a 1 an, jour pour jour, dans les Cahiers de l’imaginaire.

Extrait : « L’homme parle peu. Il préfère l’action. Et lorsqu’il s’exprime, il va droit au but. Franc et direct, il considère l’architecture comme un geste politique. Construire est un acte important. Pour lui, il est hors de question de faire n’importe quoi. Au moment où certains comprennent qu’il devient incontournable de construire autrement, Walter sourit… son cœur balance entre optimisme et pessimisme. »
Walter Unterrainer, acupuncteur urbain
Publié le 13/11/2011 par Sylvie Gendreau

Les villes sont la grille de lecture des époques. Synthèse des révolutions, des dérapages et des innovations, elles se transforment avec leurs citoyens. Au XIXe siècle, la révolution industrielle a métamorphosé le paysage urbain. Au XXe, les découvertes scientifiques et techniques ont contribué à l’accélération de la diffusion de l’information entre les différents continents. En architecture, l’uniformisation des constructions d’une ville à l’autre, d’un pays à l’autre, s’est répandue comme une traînée de poudre.

Au XXIe siècle, le maître-mot de la ville est INTRÉGRATION.

L’architecture des villes contemporaines privilégie de plus en plus les approches holistiques, tenant compte à la fois de la sociologie, de l’environnement, de la culture et de l’économie, disciplines connexes à l’urbanisme et à l’architecture.

De nos jours, on attend des architectes des plans urbains et des constructions écologiques qui contribuent à une meilleure intégration avec les espaces naturels. L’urbanisme des villes participe aux mouvements sociaux. L’aménagement d’espaces influe sur les comportements.

WALTER UNTERRAINER pratique l’architecture comme un acupuncteur urbain. Un point. Des effets.

L’homme parle peu. Il préfère l’action. Et lorsqu’il s’exprime, il va droit au but. Franc et direct, il considère l’architecture comme un geste politique. Construire est un acte important. Pour lui, il est hors de question de faire n’importe quoi. Au moment où certains comprennent qu’il devient incontournable de construire autrement, Walter sourit… son cœur balance entre optimisme et pessimisme.

Étant un des mieux placés pour savoir qu’un exemple en entraîne d’autres, il mesure, mieux que quiconque, le temps qu’il faut pour que les comportements changent. C’est sans doute son goût pour les projets qui avancent rapidement qui lui fait choisir l’Autriche, l’Allemagne, les pays scandinaves et la Chine pour intervenir.

Walter Unterrainer est né et a grandi dans une vallée au cœur des Alpes à Innsbruck en Autriche. Il y fait une partie de ses études avant de les compléter en Angleterre. Pour lui, la protection de l’environnement a toujours été un enjeu crucial. C’est une question qu’on ne peut se permettre de prendre à la légère.

En 1980, il choisit Feldkirch, la seconde ville la plus peuplée de Voralberg, située à la frontière de la Suisse et de la Principauté de Liechtenstein, pour créer son agence d’architecture. Les problèmes le stimulent. Curieux de nature, il cherche et il trouve des solutions. Il n’attend pas les budgets importants pour agir. Il observe, réfléchit et expérimente. C’est sa façon d’innover. Il développe des stratégies rigoureuses et des systèmes de mesure pour atteindre ses objectifs d’efficacité et d’économie.

Pour chaque projet, il se fait un regard neuf. Il ne reproduit pas. La solution doit être adaptée au contexte et non uniformisée comme on le fait trop souvent.

À Zwischenwasser en Autriche, Walter a construit la première école chauffée à plus de 70% avec de l’énergie solaire. Les élèves ont envoyé des cartes postales de leurs dessins aux élèves des autres écoles pour leur annoncer que leur école était chauffée avec le soleil. À partir de ce projet, le mouvement s’est amorcé pour la construction et la rénovation des autres écoles en Autriche. Il fallait un premier exemple pour que tous adhèrent et passent à l’action.

À Batschuns, première construction passive en Autriche réalisée par le cabinet de Walter Unterrainer. Encore une fois, cette expérience est à l’origine de grands bouleversements dans la construction résidentielle pour éliminer les sources de chauffage conventionnelles.

Aujourd’hui, Voralberg est considérée comme un laboratoire de recherche de l’architecture durable. Avec son agence, il a réalisé plus d’une centaine de projets: maisons individuelles, rénovations, écoles, bâtiments…

Cela a vite dépassé les frontières. Des architectes français viennent y puiser de l’inspiration et des idées. Dans le cadre d’une mission, Henri Le Pesq, directeur du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement des Côtes-d’Armor, a visité la maison de Walter au moment où l’architecte vivait encore à Feldkirch. « Nous avons été surpris de constater que, malgré la température sous zéro et la neige à l’extérieur, il y faisait plus chaud que dans nos maisons françaises chauffées de manière conventionnelle. On avait peine à croire qu’il s’agissait d’une construction passive… »

L’objectif zéro-énergie, Walter le pratique depuis longtemps. Cela ne l’impressionne pas. Pour lui, ce ne sont que les premiers pas. Il faut aller plus loin, plus vite. C’est pourquoi, tout en menant ses projets, il a sillonné l’Europe et l’Asie pour présenter ses expériences et prouver qu’on pouvait construire autrement.

Depuis 2007, Walter a vendu son agence en Autriche à ses collaborateurs pour se consacrer à l’enseignement et à des projets qui lui permettent de transmettre ses connaissances.

« Je ne veux pas que mes étudiants reproduisent ce que j’ai réalisé dans le passé. Je souhaite les encourager à trouver de meilleures solutions aux problèmes environnementaux et humains de la planète. Ils doivent innover. »

Qu’ils soient en Chine, à la Tsinghua Université de Beijin, au Danemark, à l’École d’architecture Aarhus ou encore en Suède, à l’École d’architecture d’Umeå, les futurs architectes qui ont Walter Unterrainer et ses collègues comme professeurs ont une chance folle.

Pour les trois universités, il dirige leur programme de master pour une architecture durable. À Umeå, des professeurs engagés ont fondé le laboratoire pour la production d’une architecture soutenable… « Je n’aime pas le terme institut, je préfère laboratoire. À Umeå, on apprend en réalisant. Les étudiants ont besoin de maîtriser toutes les techniques, même si plus tard, ce ne sera pas à eux d’accomplir cette partie du travail. Pour comprendre, il faut faire. La technique aide l’imagination. Plus on construit dans cet esprit, plus on apprend. Plus le travail est collectif, plus chacun peut apporter le meilleur de lui-même. Un laboratoire favorise cette forme d’apprentissage. »

À l’automne 2011, les étudiants de l’école d’Umeå réalisent un stage au Caire en Égypte. Ils observent et tentent de proposer des pistes de solutions pour améliorer la qualité de vie des pauvres contraints à vivre parmi les déchets.

À la pointe de l’architecture durable mondiale, l’École d’architecture d’Umeå attire des professeurs et des étudiants du monde entier.

L’architecte déplore notre habitude de tout détruire pour construire du neuf. Selon lui, même si on essaie de faire mieux que ce qui a été construit avant, il n’est pas toujours écologique d’agir de la sorte. En 2009, il a gagné le concours de rénovation urbaine de la ville d’Amberg en Allemagne. Pour ce projet, il s’est mis dans la peau d’un acupuncteur. Il a identifié une liste de points spécifiques à traiter pour que la qualité de vie dans la ville s’améliore.

Au lieu de démolir, dans ce cas-ci, il transforme le vieux en mieux. Si l’approche a suscité des doutes au départ chez les citoyens, ils étaient tous conquis et étonnés, dès la fin de la première phase, par l’amélioration de leur lieu de vie.

L’expérience acquise pendant la première phase du projet permettra d’améliorer la deuxième phase. Et ainsi de suite. L’expérience est apprenante. Walter Unterrainer est un homme d’expériences et de laboratoire. Pour lui, tout territoire est un laboratoire latent. L’architecture et l’urbanisme jouent un rôle anthropologique essentiel et fondamental pour l’élaboration des milieux de vie dans la conception des villes du futur.

Il est rassurant de savoir que les écoles d’architecture les plus novatrices se transforment peu à peu en laboratoires pour la production d’une architecture qui s’intègrera mieux aux espaces naturels.

Walter Unterrainer était de passage aux Cahiers de l’imaginaire, écoutez-le en appuyant sur les symboles rouges, c’est dans Conversations sur l’architecture dans ART TALKS.

Nous remercions notre partenaire, Le Grand Hotel Barrière de Dinard, qui nous a permis d’accueillir Walter Unterrainer aux Cahiers de l’imaginaire et de vous présenter ce reportage.

Walter Unterrainer, acupuncteur urbain, par Sylvie Gendreau

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